Je ne crois pas qu'on soit allé plus loin. Il est même possible que nous en soyons là depuis beaucoup plus longtemps que nous sommes prêts à l'admettre. Mais depuis tout ce temps, peu d'artistes ont sû le reconnaître. Cela demande du courage, et peu d'entre nous sont prêts à tout risquer pour rien. C'est pourtant ce qui se passe dans la Faim, un roman écrit en 1890. Le personnage de Hamsun se décharge systématiquement de toute foi en tout système, et au bout du compte, au moyen de la faim qu'il s'est infligée, il n'arrive à rien. Rien ne demeure qui puisse l'inciter à aller de l'avant-et néanmoins il va de l'avant. Il marche droit dans le XX ème siècle.
Il fait nuit. Il est 22h 30, je suis à Vierzon. Je sors d'en prendre, j'allume les phares. Le temps qui reste, de François Ozon. Un film aussi implacable que ce texte de Paul Auster, consacré à Knut Hamsun dans l'Art de la Faim. La Faim, puis Le temps qui reste.
Pour les derniers jours de ce blog consacré à la star ac, je dois répondre aux attaques de fan des L5, fâchés que l'on parle de l'irruption de ce groupe au festival d'Angoulème. Leurs mail se cognent à la vitre de ma boite mail. On dirait un apiculteur attaqué par ses propres abeilles. Le dessinateur qui me racontait l'anecdote de l'intrusion de la télé-réalité au pays de la BD ajoutait qu'elles étaient habillées comme des putes (les L5, pas les abeilles). Les fans m'assurent , photo à l'appui, que non. On n'a jamais vu de pute en col roulé. Je modifie donc la note de mon correspondant dessinateur. Et je visite le site d'un professeur d'université qui aurait bien aimé jouer, au côté de Loana, le rôle de la bête, dans Ca se discute consacré à la télé-réalité. La pluie tombe sur le pare brise de cette Golf que l'on m'a prêtée. Le soleil qui baigne Melvil Poupaud sur cette plage définitive est bien froid. J'allume la radio.
Les commentaires récents